Doggy Art Bag et Remix coworking accueillent Akiza, avec l'exposition : L'Oeil et la Princesse 

Vernissage mercredi 6 mai 2015 à 19 h
Exposition du 6 au 30 mai 2015

Inscription : https://www.facebook.com/events/735131693273221/

12 rue des Fontaines du Temple, 75003 Paris
métro : Arts-et-Métiers (ou Temple)

Plus d'infos sur Akiza :

« Le nom d’Akiza est à l’image du travail de l’artiste, un quasi palindrome, une presque symétrie jouant avec les nuances des différences. La petite poupée noire et blanche aux inspirations Kawaï est devenue le logo de l’artiste dont l’alias se confond avec le personnage : Akiza est à la fois le créateur et sa création.


Akiza est d’abord un visage minimaliste répété à l’infini. Froide et hiératique semblable à une icône orthodoxe, la petite poupée dévisage sans émotion celui qui la regarde. Elle se retrouve parfois en plusieurs exemplaires sur une seule toile, une et multiple telle un clone reproduit à l’imperfection, questionnant les facettes de nos personnalités. Les miroirs de nos peurs et de nos désirs se reflètent les uns dans les autres, objectifs et inflexibles, les « nous » se répètent dans nos actions du quotidien.

Akiza ne parle pas, de sa bouche grande ouverte semble sortir un cri sans son, muette mais vivante, c’est une plainte dans le vide, un cri du cœur et de l’âme comme celui poussé par Munch. Siège de la parole, celui-ci est atrophié. L’organe sexuel prend alors le relais, il n’est de toute façon point besoin de savoir parler. Akiza se transforme en poupée gonflable, devenant réceptacle des frustrations et confidente des fantasmes. Il lui plaît parfois de se taire pendant les jeux érotiques, et cet orifice béant saurait n’être qu’un bâillon boule sadomasochiste. Le cri de détresse perdu dans la cohue de nos sociétés occidentales, le silence imposé aux femmes dans la plupart des pays du monde pourraient bien nous rappeler qu’en dépit de l’adage, il ne vaut pas toujours consentement. 

Le corps de la poupée est informe. Pris dans un amas de câbles, il renvoie encore à la communauté fétiche et à la pratique du bondage. Tout aussi inquiétant, la petite poupée serait également un monstre à tentacules sortant à la fois de l’imaginaire des mangas pornographiques que des légendes nordiques du Kraken. Entourée d’engrenages et prisonnière des rouages obtenus au spirographe, Akiza flirte avec l’univers Steampunk du voyage dans le temps et de l’ère industrielle de la fin du XIXème siècle.

Ainsi l’artiste explore la représentation du corps dans sa complexité, interrogeant les limites entre la machine, l’animal et l’humain. A la fois femme et enfant, Akiza émeut et dérange. Son érotisme froid et distancié la fait se rapprocher du monde des robots, droïdes et cyborgs des films de science-fiction dans lesquels souvent, ils s’avèrent être plus humains que les humains. La petite poupée silencieuse attendrie le spectateur, destinée à ne jamais devenir un personnage de dessin animé ou prendre forme dans l’espace. Toutefois elle continuera à sonder l’âme de ceux qui la regardent, tel un sphinx, stoïque et éternelle. »

Serena Bonomi-Karkour
Février 2015