Pensées mutantes | Remix Community

Le monde actuel est pris de soubresauts, violents souvent caricaturaux et même dangereux. 
Cela durera un temps, puis tout le monde se rendra à l’évidence;
Le monde d’avant est mort. Pas décadent. Mort.

Et avec ce monde une vision, une culture et des ancrages.
L'individualisme, et la verticalité ont vécu.
Bien sur, changer de paradigme n'est pas simple, nous connaissons bien la résistance au changement.

Et pourtant, il faut savoir tourner le regard vers le monde d’après. En réalité pour beaucoup d'entre nous, le monde actuel.
Où l’engagement compte, où les valeurs structurent l’action, où la vision définit l’horizon et où le partage devient un mode de vie quotidien.
Où le besoin de sens et aussi d'appartenance priment sur tout le reste.
Et donc où les communautés émergent.

Au Remix, nous n’avons plus peur.
Beaucoup d'entre nous réussissent, mais pourtant le taux de croissance n’est plus notre ultime point de repère. L’accomplissement, et la durabilité oui.
Nous avons pris conscience que le vieux pouvoir meurt et que nous devenons la nouvelle puissance. Pas après pas.
Nous n’attendons rien d’en haut, nous créons l’environnement dans lequel nous souhaitons évoluer et progresser ensemble.
Nous sentons quelque chose d'assez indéfinissable, comme la brise du renouveau, de l’authenticité et de la fraicheur caresser nos nuques.

Nous sommes sortis des cadres traditionnels depuis déjà bien longtemps et sommes hors du radar, alors même que l’ancien monde nous cherche encore.
Nous sommes invisibles, non parce que nous sommes peu nombreux, mais parce que nous sommes ailleurs. 
Nous construisons le monde qui nous convient. Ensemble.
 

Quand la bienveillance n'est plus une option

Désormais lorsque l'on recherche un espace de coworking à Paris ou ailleurs se pose la grande question : Me faut-il un bureau partagé ? Ou bien me faut-il plutôt une communauté ?

S'impliquer dans une communauté est un geste fort, car c'est un choix structurant pour soi et pour les personnes autour. C'est décider de rompre avec l'égocentrisme et l'individualisme pour privilégier une approche partagée et collaborative. C'est passer d'une vision verticale à une vision horizontale de la société. C'est aussi se réclamer d'une culture de rupture et c'est enfin brandir des valeurs.

La tribune du Remix Coworking ce mois défend l'idée que ce monde de demain qui est en réalité déjà le monde d'aujourd'hui ne pourra pas se construire sans bienveillance. Pour savoir pourquoi la bienveillance n'est plus une option, cliquez sur l'image ci-dessous.

Bonne lecture

Nous sommes les nouveaux travailleurs !

Entre un monde ancien qui ne cesse d'être vertical, hiérarchisé et qui semble désormais fonctionner hors-sol et ce que nous aimons à appeler le monde d'après, un monde porteur de menace certes, mais qui permet justement de redistribuer les cartes et donc faire naître l'espoir... Et bien entre ces deux mondes il y a nous; les nouveaux travailleurs. 

Qui sommes-nous ?

Nous pensons, agissons et imaginons le présent et l'avenir à notre manière, en rupture avec ce qui s'est pratiqué dans le passé. Nous sommes des millions, mais peu de monde nous voit pour l'instant.

Voici un digest d'une tribune que le Remix Coworking a publié dans le magazine Wedemain en septembre et qui a été et continue à être partagée très souvent.

Une fois installés au Remix, les frontières s’estompent entre les coworkers pourtant issus d'environnements personnels et professionnels très variés. Il y a simplement des coworkers, qui laissent apparaître des traits, une vision et des usages communs. Bref, une culture. 

Quelle est notre culture ?

Basée sur l'observation de notre communauté depuis la création du Remix Coworking en début de 2013, voici quelques traits marquants de notre culture : 
 
- Le blurring : La tendance à mélanger vie privée et professionnelle. 
 
- L’incertitude joyeuse : La faculté à évoluer positivement dans un environnement chaotique et sans visibilité.
 
- Le slashing : Effectuer plusieurs métiers successivement ou simultanément qu’il faut comprendre comme la capacité de réinventer dynamiquement sa vie (par nécessité et parfois par envie)
 
- Le lien : Le lien est devenu un élément structurant de la nouvelle société qui émerge. Grâce à la bienveillance, au partage, à l'altruisme, ainsi qu'à la valorisation du savoir et des bonnes pratiques, nous créons un modèle différent de société, que certains appellent l'économie du lien.

- L’agilité : Il s’agit de notre capacité à imaginer et réaliser des projets hors de tout cadre oppressant ou contraignant. À notre rythme, avec nos moyens. 
 
- L’authenticité : L’avènement des diversités, dans les sphères personnelles et professionnelles sont des facettes d’une valeur émergente beaucoup plus large : l’authenticité. Pour le dire simplement, nous ne supportons plus les postures !
 
- Le test & learn, ou lean : Où comment l'échec est devenu un maillon de notre parcours d'apprentissage et plus un marqueur social préjudiciable.
 
- Le slow business : Désormais, la confiance est le prérequis pour travailler avec quelqu’un. Il s’agit de prendre le temps de créer les conditions d’une belle collaboration, sans précipitation. Le fournisseur ou partenaire n’est pas seulement là pour servir un projet, il y participe et l’expérience devient collective. La co-construction en action en somme.
 
- L’accomplissement : Les nouveaux travailleurs n’ont pas la réussite financière comme priorité numéro un. Ils veulent pouvoir dire chaque jour : “Voilà ce que j’ai fait d’extraordinaire aujourd’hui”. Bref, le chemin compte désormais autant que la destination.

Le monde d’après est en réalité le monde d’aujourd’hui

Ainsi, les nouveaux travailleurs regroupent un vaste ensemble de sous-cultures et de sous-catégories et fédèrent les acteurs du changement, éparpillés auparavant, en train de se réunir désormais. Ils sont des millions. En référence à la fameuse fracture sociétale, le “Monde d’après” existe, il est déjà à l’oeuvre, il est puissant et pour une partie de nos sociétés, c’est en réalité déjà le monde d’aujourd’hui. 

Alors, qu'avez-vous fait d'extraordinaire aujourd'hui ?

Lire l'article sur Wedemain : http://www.wedemain.fr/Qui-sont-les-nouveaux-travailleurs-Neuf-caracteristiques-d-une-culture-emergente_a2172.html

Vous pouvez nous retrouver dans le 3e à Turbigo ou Fontaines du Temple, dans le 10e du côté des Petites Ecuries, et depuis peu dans le 8e à Saint-Lazare.

 

L'Illusion de la génération Y | Remix

L’illusion de la génération Y


La génération Y, qui couvre la population née entre 1977 et 1994, est souvent brandie comme une clé de compréhension du monde actuel. 

Prétendument digitale et rebelle; les caractéristiques de cette génération sont pourtant trop généralistes pour permettre de comprendre notre monde dans sa complexité et sa réalité.

Est-ce que la génération Y est vraiment un fait marquant ? Juste une tendance ? Ou révèle-t-elle autre chose quant à la dynamique de notre société ?

Qu’est ce qu’une génération ?

C’est un segment de population vivant ou ayant vécu à une même période historique et partageant un certain nombre de représentations et de pratiques liées à cette période.

Par contraste, cela veut dire que les phénomènes qui se déroulent sur de longues périodes ne sont plus générationnels puisque l’on ne peut plus les lier à une période. Cela aura son importance par la suite.

Qu’est ce qu’un Y (enfin ce que l’on nous en dit) ?

Si l’on synthétise la littérature au sujet des Y, l’on voit qu’ils sont nés dans un monde technologique dont ils appréhendent parfaitement les codes, ils sont immunisés contre le marketing et le mass media, ils sont super adaptatifs et en même temps, ne se laissent pas dicter leur comportement (notamment vis-à-vis des employeurs corporate) du fait qu’ils n’ont connu que la crise et ne donnent aucune crédibilité au “monde de l’entreprise”. Voilà.

Ce qui façonne la génération Y n’est pas générationnel

Les 4 grands traits censés structurer cette génération (la crise, le digital, la rébellion face à l’autorité, le segment temporel) entrent en contradiction avec la définition même de ce qui définit une génération. 

Le digital ?

Le digital (et notamment sa maîtrise) est l’un des faits fondateurs de la génération Y que l’on appelle aussi digital natives. 

Sauf qu’Il l’est évidemment aussi pour la génération suivante, les vingtenaires (ou Z).

Tout comme il l’est aussi pour la génération précédente, qui rattrape son retard digital à toute vitesse. À ce propos, la moyenne d’âge des utilisateurs de Facebook est de … plus de 40 ans (soit la génération X) !  Pour finir de se convaincre, en 2015, 57% des 40-59 ans ont un smartphone.

Le digital traverse le temps comme une tendance de fond, bien plus que comme un fait lié à une génération.

La crise ?

Les Y ont grandi dans la crise dit-on. N’était-ce pas le cas de leurs prédécesseurs ? Je n’ai pas souvenir avoir connu autre chose (j’ai 41 ans). 

Et si l’on regarde ce que disent les chiffres, ils confirment (depuis 1950) une baisse du taux de croissance du PIB en France. 

La crise accompagne déjà plusieurs générations, et n’est donc pas en tant que tel un fait générationnel particulier.

Enfin sur le côté global de la génération Y. Aux USA, en Inde ou en Chine (qui regroupe 200 millions de “genY”), la situation économique est différente puisque c’est la croissance. Or la crise est réputée être l’un des éléments fondateurs de la génération Y. Allez comprendre...

Rebelles les Y ?

Les Y en entreprise correspondent au middle-management (environ 35 ans). Ce middle-management, prétend à accéder aux postes de senior et top managers et a du mal à percer ce “plafond gris” (grey ceiling) car les boss cinquantenaires et soixantenaires s’y accrochent. En aval, ils sont obligés de protéger leur poste face aux assauts des jeunes générations qui souhaitent intégrer l’entreprise.

Bref, et sans préjuger des attentes ou des besoins humaines de cette catégorie, nous avons une génération toute aussi contrainte et conservatrice que la précédente. 

La rébellion des Y en entreprise est un mythe qui dissimule plutôt la vétusté des modes de management traditionnels qui n’ont jamais vraiment été remis en question.

Le timing ?

Auparavant, les générations duraient 9 à 10 ans; par exemple Gen X (1966-1976), Baby Boomers (1946-1954). N’est-il pas étonnant qu’à une époque où l’on parle tant de l’accélération technologique et du raccourcissement du temps, l’on double la durée des générations que l’on étudie ? En effet, en courant de 1977 à 1994, la génération Y dure 17 ans.

Ainsi, nous sommes face à une génération qui s’inscrit dans un temps long mais s’insère dans une époque caractérisée par le manque de visibilité et le temps court.
Une incohérence de plus.

La génération Y, c’est sérieux ou pas ?

Si l’on regarde en arrière, c’est le magazine Ad Age dédié à la communication et à la publicité, qui a créé le concept de génération Y en 1993, tandis que la génération X est issue du travail de deux journalistes : Charles Hamblett et Jane Deverson (Generation, Fawcett Publications,‎ 1964).

La génération Y est donc un concept marketing destiné à appréhender une nouvelle génération de consommateurs à priori réfractaires aux messages publicitaires là où la génération X est issue d’une réflexion sociologique et journalistique.

Ainsi, derrière l’illusion d’une classification des générations, il n’y a pas de cohérence en termes de raisonnement. Le Y c’est du marketing, c’est tout. 

Quel paradoxe que de se retrouver cloîtré dans un concept marketing, alors que le marketing “à la papa” fait justement partie de ces choses que beaucoup d’entre nous rejettent.

Un dernier mot

La génération Y n’est donc qu’un concept marketing dont les faits structurants sont des tendances de fond bien plus que des faits purement générationnels. L’angoisse du vide et le besoin ardent de simplification l’a popularisé auprès des relais d’opinion, en masquant le manque de rigueur qui a servi à le définir. 

Ces tendances de fond touchent plusieurs tranches d’age. Et si les Y n’ont pas vraiment de spécificité, ils sont, je pense la goutte qui a fait déborder le vase de toutes les attentes non satisfaites de plusieurs générations avant eux. 

Ils sont le signal qu’il faut se défaire des génération “slogan” pour comprendre un monde autrement plus complexe, aux frontières plus floues et subtiles et donc autrement plus passionnant aussi.

Coworking, Monde du travail et économie du lien

credits Laure Bernard

credits Laure Bernard

Le coworking est né à San Francisco en 2005. Des passionnés du digital commençaient à se sentir extrêmement seuls : ils ont cherché à lutter contre la virtualisation de leurs rapports. Ils se sont donc rassemblés et ont mis en place des vraies communautés d’échange et de partage.

Petit à petit, cela a eu un impact assez fort sur le reste du monde du travail. Aujourd’hui, le rapport au travail est bouleversé : les gens ne veulent plus forcément être en CDI, le nombre de freelancers ne cesse de croître, idem pour les slashers, exerçant plusieurs métiers en même temps. Toutes ces personnes veulent désormais rejoindre des communautés professionnelles réelles, revenir vers un socle physique, dénué cependant de toute notion hiérarchique. Un endroit où l’on trouve du sens, du partage, de l’humain.

À terme, il n’y aura plus de bureaux classiques : subsisteront peut-être des sièges mais les entreprises installeront leurs employés dans plusieurs communautés différentes. Les structures seront fragmentées.

Source : http://businessofeminin.com/hanane-el-jamali-coworking-girl-la-parisienne/