Le GCUC (Global Coworking Unconference Conference), prononcez « Juicy », est l’un des événements internationaux annuels les plus importants dans l’univers du coworking. Il était organisé cette année à Kansas City. Anthony, de Remix Coworking y a participé.
Kansas City est une ville, qui certes ne brille pas par une accessibilité effarante, mais qui a beaucoup de charme et est dotée d’un certain dynamisme entrepreneurial. La demi-douzaine d’espaces de coworking présents fait le plein et Google vient d’y installer en beta-test sa nouvelle offre Google Fiber dont nous allons certainement bientôt entendre parler à plus grande échelle.

Le GCUC avait lieu dans le musée de l’histoire de l’aviation de Kansas City. Nous étions au milieu d’un magnifique DC3 et d’autres raretés d’époque   

Le GCUC avait lieu dans le musée de l’histoire de l’aviation de Kansas City. Nous étions au milieu d’un magnifique DC3 et d’autres raretés d’époque 

 

Le GCUC avait lieu dans le musée de l’histoire de l’aviation de Kansas City. Nous étions au milieu d’un magnifique DC3 et d’autres raretés d’époque !

Le GCUC est donc le point de rencontre de l’écosystème du coworking mondial. On y rencontre beaucoup de fondateurs d’espaces bien sur, beaucoup de gens qui réfléchissent à en créer, des fournisseurs de solutions logicielles, d’ameublement, logistique, conseil…etc… mais aussi des participants issus d’univers différents, corporate ou immobilier par exemple.
C’est donc un lieu d’échange qui permet de prendre la mesure de l’évolution des tendances et des faits marquants liés au coworking.
Quelles sont ces fameuses tendances ? Nous en avons noté 5 majeures :
un net approfondissement de la réflexion autour de la place du community manager de l’espace de coworking
un écosystème alternatif, cohérent et puissant; la société 3.0
un secteur qui commence à se structurer autour des groupes d’espaces de coworking
les Chiffres : Le coworking reste en forte expansion
l’intérêt croissant des partenaires environnants


1/ Le community manager

Du « Superconnector » de Scott Gerber (YEC) au « Tummler » de Alex Hillman (Indy Hall), il a beaucoup été question du rôle et de la définition du community manager, devenu, c’est bien évident, une personne-clé dans tout espace qui se respecte. Ce rôle évolue, et fait désormais l’objet d’un travail de réflexion approfondi.
Valorisation de l’écoute, connaissance des membres et de leurs besoins sont les pré-requis pour ensuite créer les liens qui vont aider et servir la communauté.
Ces connexions ne se font plus en mode « one to many », c’est-à-dire de façon classique, mais en « many to many »; le community manager doit être un moteur qui va animer un réseau ou une communauté et inciter les gens à s’impliquer doucement mais surement pour devenir eux-mêmes générateurs de liens.

2/ Ecosystème

Dans un monde où des mégapoles sont plus importantes que des pays entiers et où la quête de sens devient progressivement une préoccupation fondamentale, la notion de lien entre les gens est centrale.
En effet, tous les usages ont changé en quelques années. Il est difficile de prendre la mesure de cette mutation pour le moment mais voici un exemple éloquent : le covoiturage sous toutes ses formes (de Uber à Zipcar… etc.) réduit les achats de véhicules neufs dans une proportion de 1 à 32, sur 10 marchés-clé aux USA !
 
Si l’on prend du recul par rapport à cela, nous voyons que nous nous sommes dotés, nous entrepreneurs et citoyens, d’un système alternatif à l’économie dite « traditionnelle » et où il est possible de loger, de se déplacer, de créer, de construire, d’investir, de se rencontrer et échanger. Toute cette économie là devenue désormais un système quasiment autonome, repose sur le lien entre les individus. C’est la société 3.0 telle que l’appelle Ronald Van Den Hoff, et il la lie directement à la serendipité à laquelle nous sommes tous tant attachés.

3/ Les chaines d’espaces

Dans un tel environnement, les espaces de coworking croissent en taille et en nombre, en assumant parfaitement de faire cohabiter valeurs et développement.
Ce que Deskmag avait très bien identifié dès 2012, se confirme, des chaines d’espaces se créent; on pense par exemple à Nextspace, Hub, Grind, Betahaus et bien sur Wework.
Les modalités sont différentes selon les marques, certaines sont en franchises, d’autres non, parfois il est juste question d’emprunter un nom, mais il semble qu’en filigrane se dessine le besoin d’atteindre une taille critique. Lors du GCUC, la cohabitation des chaines avec les indépendants s’est faite dans un esprit d’échange et de bienveillance très agréable.
Retenons que nous assistons donc au moins aux USA à un début de structuration du secteur, sachant, comme nous allons le voir que nous n’en sommes vraiment qu’au début du phénomène.

4/ Un secteur en forte expansion

Steve King du cabinet Emergent Research est venu nous présenter quelques chiffres, très parlants.
Voici les principaux :
il y aura 1 million de coworkers en 2018 (avec une croissance de 40% du nombre de membres d’espaces par an d’ici là)
le nombre d’espaces de coworking a doublé dans le monde chaque année depuis 5 ans, il va continuer à croître de 30% par an soit un peu moins vite
il y aura 12,000 espaces de coworking en 2018
les espaces vont être de plus en plus grands et de plus en plus optimisés
enfin, Steve table sur un développement vigoureux du nombre de travailleurs indépendants (solo-entrepreneurs ou free-lances) versus le nombre de salariés. Ces indépendants vont irriguer les espaces de coworking, points de connexion et de réseau pour tous ces individus.

5/ L’environnement

À noter la présence au GCUC de grands opérateurs immobiliers et industriels.
On avait pu observer la présence d’acteurs similaires et aussi de dirigeants de business centres belges et néerlandais lors de la Coworking Europe Conference en novembre dernier.
Conclusion
Le coworking continue de captiver.
Aujourd’hui les « metrics » s’affinent, les équilibres humains et managériaux se trouvent et les perspectives de développement sont très positives.
Tout semble donc sourire au Coworking et ainsi ce qui n’était  qu’une tendance il y a peu, est en train de devenir un activité structurante qui emporte avec elle l’espoir de tout un écosystème.
Nous rentrons donc dans la deuxième époque du coworking; celle où il va devoir montrer qu’il peut grandir sans perdre son âme !

Une bonne partie des européens présents réunis sur une photo ! Nicolas des Satellites, Anthony de Remix Coworking (et Hanane au fond à gauche), Jean-Yves de la Coworking Europe Conference  

Une bonne partie des européens présents réunis sur une photo ! Nicolas des Satellites, Anthony de Remix Coworking (et Hanane au fond à gauche), Jean-Yves de la Coworking Europe Conference

 

Comment